Que je bêche autour…

Corps du Christ, amen!Le temps joue-t-il pour nous ou contre nous?
Nous connaissons le sursis ou la grâce de la vie malgré la pandémie encore en cours. Nous suivons dans l’actualité, la triste escalade politico-militaire en cours en Ukraine avec ses menaces de mondialisation ou de destruction massive… Et pourtant, nous continuons jour après jour à nourrir légitimement nos rêves humains, nos rêves du lendemain.
Frères et sœurs, nous voici rendus au troisième dimanche de carême.
Est-ce que le carême compte vraiment pour nous? Allons-nous entendre la sollicitation de notre parabole du jour : « Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier»?
Frères et sœurs, à la suite de l’évangile du jour, je m’en voudrais de ne pas bêcher autour de ma vie et de ne pas vous inviter à faire de même.
Je m’en voudrais de ne pas saisir l’urgence et la nécessité de la conversion, en ces temps, si troubles pour notre si fragile humanité.
Je m’en voudrais de basculer dans le fatalisme ou de demeurer dans l’immobilisme des commentaires ou des jérémiades sans cesse ressasser.
Sans aucune présomption, autant que nous sommes, nul ne peut se dire à l’abri des infortunes de la vie. Les Galiléens massacrés par l’ordre du pouvoir politique de Pilate, avaient-ils déjà saisi la perche de la conversion? Les dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, avaient-elles connu la grâce de « bêcher et de mettre du fumier » dans leur vie? Les victimes directes ou collatérales de notre pandémie ou des guerres à travers le monde nous rappellent encore et toujours que la menace du pouvoir politique de Pilate nous pend au nez, le réchauffement climatique nous sert les valses de la nature impétueuse… Et toutes nos victimes humaines à travers ces phénomènes ne sont pas plus responsables que les survivants. L’essentiel est ailleurs.
Frères et sœurs, le carême, c’est la grâce de revenir à l’essentiel, c’est la grâce qui, sans nous protéger nécessairement contre les infortunes du temps, nous affranchit de toute cause désespérée. Le carême, c’est le temps de la conversion qui fait retrouver le visage de Dieu, c’est le temps qui fait mieux entendre la voix divine, c’est le temps qui nous arrache à la sentence : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Bon dimanche.

Ab Patrice S.

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