Fais ainsi et tu vivras…

Corps du Christ, amen!j’étais encore enfant à williams-ville… Nous avions pris goût à relire la parole de Dieu du dimanche et à échanger en petit groupe à partir de notre compréhension de la Bonne Nouvelle de Jésus. Nous entamions à peine les vacances scolaires, quand le Fr Épiphane Mensha nous entraina à passer de la parole à l’acte : « Fais ainsi et tu vivras. »
« Va et fais de même » était le nom du groupe initié par ce frère franciscain, pour nous faire vivre une expérience inédite. Ce groupe a fortement impacté ma jeunesse et finalement orienté mon choix de vie.
À l’époque, en compagnie de ce frère de François, nous parcourûmes les hôpitaux d’Abidjan pour vivre le tourbillon des urgences, le chemin de croix des consultations, la loterie des hospitalisations et les diverses fortunes de la restauration au sein de quelques infrastructures hospitalières. Nous découvrîmes la cruelle réalité de certains malades condamnés à mourir et la bravoure du personnel de santé qui s’acquittait d’un véritable sacerdoce pour le bien-être de leur semblable. Que d’hommes et de femmes, nous vîmes « dépouillés et roués de coups, à moitié morts… »
L’évangile du jour était sous nos yeux. Regards croisés, regards insoutenables, regards détournés… Il nous fallait retrouver du souffle pour soutenir et accompagner la prière de notre aumônier en activité pastorale.
Revenus à notre environnement bien plus enjoué et serein, quelques jours plus tard, nous avons mieux structuré notre compréhension de cette page d’évangile, pour en arriver à trois branches d’orientation : La prière, la collecte pour la charité et l’action pastorale en soutien à l’aumônerie de la santé du Fr Épiphane. Oui, nous venions ainsi de poser les fondations d’une belle initiative inspirée par la parole de Dieu. Pendant une dizaine d’années, notre groupe « Va et fais de même » a pu écrire une belle page d’action catholique depuis la paroisse saint Kizito de williamsville.
Comment étouffer ce souvenir d’enfance aujourd’hui, à l’orée de notre jubilé d’argent de vie sacerdotale…?
Quelle sont les laideurs de notre monde d’aujourd’hui, dont nous nous détournons encore, pour assurer la tranquillité de notre prétendue conscience?
À quoi je me sens appelé aujourd’hui, pour partager le bonheur autour de moi. « Nul n’a le droit d’être heureux tout seul », nous dit Raoul Follereau, le vagabond de la charité.
Bon dimanche!

Ab Patrice S.

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