Le Seigneur est mon berger

Corps du Christ, amen!En ce seizième dimanche du temps ordinaire, on a vite fait d’emboucher la trompette des récriminations contre les pasteurs d’aujourd’hui au prétexte que le prophète Jérémie les mettrait en accusation : « Vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées, et vous ne vous êtes pas occupés d’elles. » Sans excuser nos pasteurs contemporains, il nous faut relever que dans le contexte de notre lecture du livre de Jérémie, les rois d’Israël étaient appelés pasteurs. Ce titre honorifique de pasteur leur avait été concédé quand le peuple exigea ceci à Samuel : « Tu es devenu vieux, et tes fils ne marchent pas sur tes traces. Maintenant donc, établis, pour nous gouverner, un roi comme en ont toutes les nations. » 1 S 8,5.
L’exercice du pouvoir par les différents rois n’a pas mis beaucoup de temps à exaspérer le peuple par la terreur, l’exploitation… Les rois ont coutume de faire « sentir leur pouvoir » Mc 10,42
Le Seigneur, après avoir accédé à la requête de son peuple pour la gouvernance d’un roi, revient à la charge : « Je susciterai pour David un Germe juste… il exercera dans le pays le droit et la justice. » Autrement dit, Dieu reprend lui-même la conduite de son peuple à travers son élu : « Voici le nom qu’on lui donnera « Le-Seigneur-est-notre-Justice. » »
Aujourd’hui encore, nous pouvons dire avec le psalmiste : « Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer… Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie. » Ps 22
L’évangile nous rend compte d’un retour de mission sanctionné par une belle invitation de Jésus : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » Jésus, le maître de la mission se montre avenant pour ses missionnaires en leur recommandant « une retraite » favorable à la fois au repos physique et certainement au ressourcement spirituel. En effet, les défis missionnaires sont à la fois nombreux et bien variés : « De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. » Jésus, le maître de la mission se montre compatissant pour des brebis sans berger. Autrement dit, c’est au prix de l’engagement de sa vie que Jésus réunit le peuple de Dieu : « C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité. »
Aujourd’hui, ce qui reste à faire par les pasteurs en mission au nom du Christ, c’est d’être présents à ce qui nous environne et surtout de visiter avec amour le jardin de la vigne du seigneur, pour en extirper les ronces et faire éclore les fleurs et fruits de bonne odeur, dans nos cœurs.

Ab Patrice S.

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