Qu’y a-t-il dans l’homme?

Dans le dynamique et génie culturel du parler français aux couleurs ivoiriennes, une expression semble nous réconcilier avec les textes de ce troisième dimanche de carême : « Y a Dieu dedans! » Ceci pour dire à la fois une spiritualité de l’invincibilité, une foi à toute épreuve, une solide force divine et une inexplicable présence de l’ordre du sacré.
Avec la liturgie de la parole du jour, nous plongeons dans les racines de la foi juive et nous découvrons nécessairement ce qu’il y a en tout humain. Selon le livre de l’exode, de notre foi judéo-chrétienne, Dieu lui-même nous fait un rappel : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte ». Frères et sœurs, ce rappel divin ne s’éteint pas dans le passé. Encore aujourd’hui, Dieu veut nous sortir de nos exils, de nos esclavages ou de notre « Égypte » qui nous tiendrait dans la servitude et loin de lui.
En effet, le Dieu qui a fait sortir Israël de l’esclavage en Égypte, en lui prouvant sa force, sa puissance, son parti pris et sa proximité, c’est le même qui se présente à son peuple : « c’est moi, le Seigneur ton Dieu ». Dieu se présente surtout comme l’Unique, il se réserve toute adoration et condamne toute idolâtrie. Alors gardons-nous de tout culte antique ou moderne, où il n’y a pas Dieu dedans.
Dieu ne se dévoile pas orgueilleusement. Il se révèle surtout dans l’alliance des dix commandements qui consacrent les lieu-tenants de Dieu. Outre le jour du Seigneur, jour de repos pour nécessairement se tourner vers le Dieu libérateur, le décalogue nous enseigne que Dieu habite en chaque être humain. Ainsi, la seule façon de vivre de Dieu, c’est de vivre d’amour.
Faut-il se scandaliser de voir le fouet dans les mains de Jésus? Il faudrait plutôt reconsidérer nos représentations de Dieu qui nous disqualifient. Tant d’hommes et de femmes aujourd’hui, « vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre. » Ph 3,19. Que ce soit sur les parvis de nos lieux de culte ou même à l’intérieur, il se pratique une autre expression du français ivoirien : « la marmaille ». Autrement dit, que d’artifices sont déployés pour détrousser les pauvres fidèles du Dieu libérateur. C’est ce Dieu unique, ce Dieu jaloux que le fouet de Jésus veut rétablir dans ses droits : « Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » Ce tourment divin ne va pas se résoudre dans la violence, « illusion que des chevaux pour la victoire : une armée ne donne pas le salut. » Ps 32,17 Voici pourquoi nous proclamons avec l’apôtre Paul « un Messie crucifié… car ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. »
Bon dimanche à vous… Bon carême. « Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour » Ps 32,18.

Ab Patrice S.

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