S’étant repenti, il y alla…

S’étant repenti, il y alla…Quand la musique est dissonante entre le dire et le faire, on se croirait dans l’arène politique, sinon dans les dédales des divorces, dans le trouble des infidélités aux serments, aux promesses, aux vœux et que sais-je…

Quand l’entêtement obnubile, même si l’adage reconnaît que l’erreur est humaine, on finit toujours par se pendre sans repenti : « Errare humanum est, perseverare diabolicum. »

Enfin, quand une conversion, même tardive, pourrait réhabiliter, pourquoi plastronner dans l’orgueil ou l’égo surdimensionné bien propre au culte de l’apparence, à un pharisaïsme?

En ce XXVIème D.T.O, quelle est la bonne conduite que le prophète Ézéchiel oppose aux fils d’Israël quand ces derniers contestent la justice ou la miséricorde du Seigneur?
– Si le juste se détourne de sa justice, il mourra.
– Si le méchant se détourne de sa méchanceté, il ne mourra pas.

La conduite du Seigneur, loin d’être étrange, demeure constante pour la justice et conciliante pour la conversion qui fait revenir à sa justice. Pour le Seigneur, rien n’est perdu pour le méchant qui a « ouvert les yeux et s’est détourné de ses crimes ».

Par contre, le juste qui commet le mal et meurt en cet état, il manque de demeurer ou de devenir ce qu’il était; « juste ». Il n’y a donc pas de reproche à faire au Seigneur mais plutôt, urgence pour nous, à mettre en pratique ce bon conseil de saint Augustin : « Chrétien, deviens ce que tu es. »

Le pédagogue Jésus nous invite, selon la conclusion de la Bonne nouvelle du jour : « les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu », à ne pas nous fier aux apparences ou à des prétendus passe droit. De quoi s’agit-il?

À la lumière du comportement des deux enfants visiblement en rupture avec l’obéissance, Jésus nous fait bien comprendre d’une part que les pieuses assurances à l’égard de Dieu ne sauraient suffire à notre salut : « Oui, Seigneur! » et il n’y alla pas, tel est l’enfant espiègle qui en fait à sa tête. Autrement dit, ce ne sont pas ceux qui disent « Seigneur, Seigneur… » sans incidence sur leur pensée, leurs paroles et leurs actions qui s’engagent pour le royaume des cieux. Cette piété d’apparence conduit à se tromper soi-même et fait bâtir sur le sable mouvant des incertitudes.

D’autre part, sans encourager ou cautionner la mauvaise vie des publicains ou des prostituées, l’attitude du premier enfant, rebelle par son refus à la sollicitation de son père, illustre plutôt l’horizon de la miséricorde de Dieu, selon Jésus. « S’étant repenti, il y alla » signifie évidemment que la volonté du père finit par triompher des turpitudes de son fils. Mieux vaut une conversion, même tardive, plutôt qu’un entêtement sans fin.

En conclusion, accueillons l’invitation de l’apôtre Paul : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus. » Jésus est le fils obéissant à imiter.

Ab Patrice S.

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