Se laisser instruire pour servir…

Corps du Christ, amen!« Chemin faisant, Jésus interrogeait ses disciples… qui suis-je? »
Frères et sœurs, j’ignore le chemin que chacun de nous a pu faire avec le Seigneur jusqu’à ce jour, j’ignore les motivations qui ont suscité notre « sequela Christi », notre marche à la suite du Christ, j’ignore ce qui peut être notre réponse personnelle à la question de Jésus : « Pour vous, qui suis-je? »
Toutefois, je me réjouis de vous compter au nombre des membres de notre modeste assemblée eucharistique dominicale. Quelqu’un m’a dit cette semaine : « certes nous ne sommes plus nombreux comme par le passé, nos ressources financières s’amenuisent, nos églises sont fermées ou vendues, cependant, Père curé, ceux et celles que vous voyez à la messe portent en eux une profonde et sincère conviction dans la foi au Christ. » C’était si bien dit que je suis resté sans voix… sans commentaire.
Frères et sœurs, ce vingt quatrième dimanche de notre temps ordinaire nous invite à nous regarder dans le miroir des serviteurs du Seigneur.
Pour le prophète d’Isaïe, six siècles avant Jésus-Christ, le peuple de Dieu en exil à Babylone est invité à entendre un chant dédié au serviteur de Dieu. Racontée à la première personne du singulier, l’histoire dessine le visage d’une personne qui est nourrie à la parole de Dieu. C’est bien à cause de la parole que le serviteur est persécuté, mais c’est aussi la parole qui lui donne la force d’affronter la persécution. Qui est ce serviteur? Nous avons la réponse dans les versets qui précèdent notre texte du jour : « Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. » Is 50,4
Si hier, le prophète s’adressait clairement au peuple de Dieu en exil, si Jésus a incarné la figure du fidèle serviteur de la parole de Dieu, aujourd’hui, chacun de nous est appelé à la totale confiance en Dieu qui peut faire dire : « J’écoute ». Ainsi, demain et pour toujours, nous serons bien fondés de chanter le psaume du jour : « Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants. »
frères et sœurs, la confiance en Dieu, que nous appelons la foi est exigeante et engageante : « la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte » soutient Jacques dans son épître. Mise en œuvre dans la pratique du culte et dans la pratique des œuvres de charité, la foi nous consacre vraiment serviteurs de Dieu, car soutient Jésus : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. » Mt 7,21.
Sur le chemin de la foi, malgré les ombres et lumières de nos réponses à vouloir suivre le Seigneur,
– Montrons-nous résolus, déterminés… « j’ai rendu mon visage dur comme pierre »
– Montrons-nous debout pour avancer… « je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants»
– Montrons-nous disciples du Christ… « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. »

Ab Patrice S.

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