Noël 2020

La pandémie comme une anémie dans notre corps social ou ecclésial, menace de nous étouffer, au regard du déficit d’oxygène dans nos rencontres. Par exemple, il manque dans notre corps d’église, en cette sainte nuit de noël, la belle communion de tous les âges, la belle présence des familles, l’enthousiasme de nos chants par la chorale… Nous ne sommes autorisés à accueillir que 25 personnes ! Heureux êtes-vous, frères et sœurs, participants à cette eucharistie.
Ce soir, je voudrais dire à chacun des privilégiés de la présente célébration que nous ne privatisons pas Noël, au contraire, nous en devenons les témoins porteurs d’espérance.
Hier, les témoins étaient quelques « bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux »
Aujourd’hui, chacun de nous peut se compter comme témoin et missionnaire, chargé de propager l’évangile de l’espérance, l’évangile de Noël.
Ce soir, chacun de nous pourrait joindre sa voix à celle de la « troupe innombrable, qui louait Dieu en disant : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime. » Ainsi notre communion avec tous les autres frères et sœurs s’établira sûrement dans la commune union des cœurs par la prière.
Hier, dans un contexte de devoir civique : « Un édit de l’empereur Auguste ordonnant de recenser toute la terre… » Joseph va partir de Nazareth en Galilée pour la Judée, dans la ville de Bethléem : « Il était de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte. » Que de beaux projets contrariés !
Aujourd’hui, dans un contexte protocolaire lié à la pandémie, ne bravons pas les recommandations sanitaires et sécuritaires. Dieu fait aussi route avec nous dans l’obéissance, l’humilité ou même la pauvreté. Oui, la pauvreté pour un visiteur divin pour qui il n’y avait pas de place dans la salle commune ou le dortoir.
Oui, j’ai le goût de vous parler de la splendide pauvreté, en cette nuit de noël.
À notre dernière séance de catéchèse pour nos enfants de l’unité des frontières, dans le cadre des préparatifs de Noël, nous avons parcouru quelques aspects intéressants de la pauvreté. Quand le dictionnaire définit le pauvre comme celui qui n’a pas d’argent pour s’acheter ce dont il a besoin (nourriture ou vêtement…), l’évangile de Noël nous dit plutôt que le pauvre est une personne Simple, Confiante, le pauvre est disposé à Recevoir, à être Attentif aux autres.
À Noël, ce qui est simple est beau. Bien-sûr, nos crèches rivalisent d’ingéniosité en couleurs et lumières, et pourtant, notre sauveur est né dans la précarité, la pauvreté. Notre sauveur était entouré par l’amour de Marie, Joseph, des bergers et du chant céleste des anges. Et nous, ce soir, quelle affection nous habite pour l’Emmanuel ?
À Noël, les humbles bergers tels nos sans-abris d’aujourd’hui sont visités par l’ange de Dieu : « la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière ». La confiance des bergers était accessible. Et nous, ce soir, quelle foi nous habite et quelle espérance nous mène au « Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. »?
À Noël, c’est une mangeoire qui accueille le fils premier né de Marie. Au-delà de cet aspect de la pauvreté, nous apprenons ceci : Recevoir, c’est s’ouvrir aux autres, c’est rendre possible toute rencontre. Le pauvre reconnaît qu’il a besoin des autres et de Dieu ou si vous voulez : le pauvre est attentif à Dieu et aux autres. Notre Jésus, notre sauveur est déjà prêt à livrer sa vie dans cette mangeoire : « l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. » N’ayons pas peur de la Bonne Nouvelle de Noël quand elle nous appelle à la pauvreté.
Seigneur Jésus,
Aide-moi à avoir un coeur pauvre, comme les bergers, un coeur à remplir de Joie
Apprends-moi à avoir des mains ouvertes, des mains prêtes à donner et à recevoir
Donne-moi un regard neuf, prêt à voir toutes les beautés qui m’entourent
Quand je veux toujours plus, aide-moi à regarder ce que j’ai déjà
Quand je n’entends plus rien, apprends-moi à t’écouter
Quand je ne pense qu’à moi, donne-moi de ne pas oublier les autres.
Guide-moi à ta rencontre et à la rencontre de mes frères et sœurs.
Ab Patrice S.
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