La liberté de la justice…

La liberté de la justice…« Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins »… Voici comment s’introduit pour nous, la liberté de la justice de Dieu, en ce XXV ème dimanche du temps ordinaire, sous la plume du prophète Isaïe.

Comment faire croiser les pensées divines avec nos chemins humains? Comment faire dire aux chemins de nos vies que la distance qui sépare ciel et terre peut être comblée?

Comment se faire proche ou trouver bonheur au rendez-vous de celui qui sans cesse vient à notre rencontre? Nos interrogations nous autorisent à investir le champ de l’évangile de ce jour pour tenter de comprendre le message de Jésus.

Remarquons au passage que le plein emploi semble être une réelle préoccupation du maître de la vigne : « Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire? » Autrement dit, le plein emploi se veut « un état de la population active d’un pays occupée au maximum de ses possibilités ou ayant la faculté de trouver un emploi. »(Larousse). D’où l’invitation répétée du maître de la vigne sorti le matin, vers neuf heures et vers cinq heures de l’après-midi : « Allez à ma vigne, vous aussi. »

D’autre part, nous notons que toutes les juridictions semblent unanimes à reconnaître ceci : « À travail égal; salaire égal. » Cependant, cet adage a encore du chemin à faire, peut-être par la revendication ou autres moyens de luttes licites afin de s’inscrire dans laréalité, au détriment des discriminiations de sexe, d’origine sociale ou raciale.

La conclusion de la parabole de Jésus, « les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers », ne nous autorise pas à inscrire son récit dans un quelconque nouveau contrat social ou professionnel voulu. Jésus nous montre plutôt que Dieu, dans sa grande et libre bonté, peut très bien dépasser la mesure de la justice. N’est-il pas le Dieu, « à la mesure sans mesure… »? (Hymne, office des vêpres.)

« N’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens? » En soulignant ainsi sa liberté, Dieu veut élever nos chemins humains vers son projet de bonheur pour tous.

« Ton regard est-il mauvais parce que moi je suis bon? » En effet, la liberté de la justice de Dieu peut surprendre. Cependant, Dieu garantit à tous les peuples, de tous les temps, une égale possibilité d’accès au salut. Ainsi, la distance entre ciel et terre peut être parcouruepar un raccourci ou par tout autre chemin de conversion, de profession de foi, de miséricorde ou de charité… N’oublions pas la recommandation de Jésus : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux » Mt 5,20.

Frères et sœurs, faisons de nos vies, une symphonie harmonieuse avec la volonté de Dieu. À l’instar de l’apôtre Paul, ne manquons pas les rendez-vous de Dieu dans chacune de nos vies. Plaise à Dieu que nous soyons en vie pour un travail utile en ce monde ou plaise à Dieu que nous vivions la pâques qui nous unit au Christ, que toute la gloire revienne à Dieu. « En effet, pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir est un avantage. »

Ab Patrice S.

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