Église, vigne et vignerons d’aujourd’hui…

La parabole des mauvais vignerons ne saurait être uniquement reversée au compte d’Israël, peuple rebelle, à la nuque raide, qui fait dire de lui : « Quarante ans leur génération m’a déçu, et j’ai dit : Ce peuple a le coeur égaré, il n’a pas connu mes chemins. » Ps 94,10
La vigne d’hier, c’est le peuple d’Israël. Le mur de clôture, le pressoir ou la tour de garde représentent les soins de Dieu. Les vignerons sont les chefs ou responsables d’Israël. Et les serviteurs sont les prophètes chargés de ramener dans la voie de Dieu le peuple égaré. Maltraités et mis à mort, les serviteurs feront place à un excès d’amour incompréhensible de la part de Dieu, maître de la vigne. En effet, Dieu a tellement aimé le monde, au-delà d’Israël, qu’il a envoyé son fils unique. Jn 3,16.

Aujourd’hui, la parabole des mauvais vignerons s’inscrit encore douloureusement dans l’actualité de l’église, figure de l’Israël nouveau…
Une fois de plus, les soins divins sont sous nos yeux : Église, sacrements, pasteurs, religieux et religieuses… Dieu continue de susciter dans le cœur de ses enfants tant de vocations-missions pour annoncer partout l’évangile de l’espérance.
Ainsi, dans le sillage de la prophétie d’Isaïe, tout comme dans la page de l’évangile, l’ami, le propriétaire du domaine de la vigne semble être abonné à la déception : « Il en attendait le droit, et voici le crime; il en attendait la justice, et voici les cris. » Is 5,7
Dans la parabole du nouveau testament, Jésus propose une autre espérance pour la vigne : « Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une autre nation qui lui fera produire ses fruits. »

Frères et sœurs de l’Église d’aujourd’hui, n’est-ce pas à nous aussi que la vigne du Seigneur est confiée? La litanie de nos saints nous rappelle que tant de serviteurs de Dieu ont apporté tant de soins à la vigne du Seigneur.
Encore aujourd’hui, des frères et sœurs vivent le martyre pour le triomphe des valeurs de l’évangile : « Tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges ».

Y a-t-il dans notre église d’aujourd’hui du mépris, de la suspicion, de la moquerie ou même de la haine morbide pour qui tente d’être servante ou serviteur du maître de la vigne?
Comment aujourd’hui, ramer à contre-courant des séductions mondaines pour ramener au Seigneur les fruits qu’il est en droit d’attendre de sa vigne? Et moi qui sans cesse critique l’église ou ses serviteurs, mêlant ainsi dans mon rejet, l’enfant et l’eau de son bain, suis-je indifférent à la déception de Dieu?
Tout espoir est encore permis à cause de la merveille de Dieu : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle. » Jésus est désormais au contrôle dans la vigne. Alors, ne sombrons pas dans une indifférence ou toute autre forme de méchanceté gratuite, l’apôtre Paul nous exhorte ainsi : « Ne soyez inquiets de rien… Et la paix de Dieu, qui surpasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus. »

Ab Patrice S.

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