D’un dimanche à l’autre… 08

D’un dimanche à l’autre… 08

Cris et prières, chemin de foi !

Le rebondissant récit de l’aveugle de Jéricho nous laisse voir un chemin de foi, un modèle de croyant sous quatre aspects :
Le premier aspect est celui du cri de l’aveugle : « Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier. » Un cri qui implore certes l’attention de Jésus, mais un cri qui fait peut-être uniquement appel au Jésus thaumaturge (faiseur de miracles). Hier comme aujourd’hui, des illusionnistes entraînent à leur suite tant de cris. Des cris qui ne vont pas plus loin qu’aux oreilles des diseurs ou faiseurs de magie, de sorcellerie ou autres scories…
Les cris de l’aveugle traduisent évidemment une détresse humaine. Cependant, ils semblent gênants aux oreilles des foules qui accompagnent Jésus. Des cris qui travestiraient la mission du maître. L’aveugle essuie le courroux des bien pensants ou des supposés bien portants : « Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire. »
Le deuxième aspect du récit, c’est l’appel de Jésus adressé à l’aveugle. L’appel de Jésus indique bien que les cris de l’aveugle ont eu chez lui, non seulement un écho favorable, mieux, le désir de voir de l’aveugle correspond bien à sa mission : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction, il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue… » Lc 4, 18
Le troisième aspect met en lumière les contradictions de l’entourage et nous confirme que l’aveugle est un modèle de croyant. En effet, les contradicteurs versatiles sont maintenant gagnés à la cause de l’aveugle : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle » disent-ils, La foule veut maintenant prendre part à une mise en scène spectaculaire, on veut du sensationnel, du merveilleux, un peu comme un air d’halloween, un air époustouflant pour calmer la démangeaison d’une curiosité insatiable.
Ainsi de la dérision à l’exhortation, de la contradiction à la motivation, voici comment se dessine le chemin de l’humble aveugle, modèle de croyant. Dans son appel à la sainteté, le pape François ne nous a-t-il pas dit que « l’humiliation conduit à ressembler à Jésus… Si tu n’es pas capable de supporter et de souffrir quelques humiliations, tu n’es pas humble et tu n’es pas sur le chemin de la sainteté. » N°118
Enfin le quatrième aspect, nous laisse entendre la parole de Jésus : « Va, ta foi t’a sauvé. »
Frères et sœurs, Jésus répond toujours favorablement à la demande de qui veut sortir des ténèbres : « Je suis la lumière du monde… qui marche à ma suite aura la lumière de la vie… » Jn 8,12
Sortons de nos ténèbres et exprimons notre foi !
Bravons le qu’en dira-t-on pour accueillir la joie de l’Esprit Saint !
Sortons de notre corruption spirituelle avec le sentiment que nous ne commettons pas de fautes graves, sortons de notre aveuglement confortable et autosuffisant où tout finit par sembler licite : la tromperie, la calomnie, l’égoïsme et bien d’autres formes subtiles de Satan déguisé en ange de lumière ! N 165 Gaudete et exsultate.
Au soir de notre vie, après cris et prières, offrons à Jésus de dire à chacun de nous : « Ta foi t’a sauvé ! »

Je vous aime.

Retour haut de page