Choisir entre la vie ou à la mort

Corps du Christ, amen!Deux veuves, deux femmes dont les époux ont été emportés par la mort, deux figures de la fragilité humaine ou de la précarité sociale, deux témoins respectivement de l’ancienne alliance et de la nouvelle alliance, serait-ce un même visage d’Église, qui, ce dimanche, nous interpelle face au dilemme de la mort ou de la vie ?
Oui, il s’agit bien de se déterminer face à une fragilité qui menace clairement la vie. La veuve de Sarepta nous montre bien toute la grandeur de l’ancienne alliance, à l’école de la foi. Avant les paroles du prophète de Dieu, l’attitude et les paroles de la veuve portaient la signature du repli sur soi. Les ailes de sa foi et de son espérance ne pouvaient alors se déployer : « Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et mon fils ce qui nous reste. Nous le mangerons, et puis nous mourons »
Ensuite, les paroles du prophète Élie vont susciter chez la veuve, la confiance en Dieu : « Ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile, point ne se videra ». Mieux, le socle de cette parole prophétique qui ferme définitivement le chemin de toute mort, c’est bien cette alerte : « N’aie pas peur…» Autrement dit, écoute ce que l’Esprit dit à l’Église, écoute ce que chante le psalmiste : « Le Seigneur garde à jamais sa fidélité, il fait justice aux opprimés, aux affamés, il donne le pain; le Seigneur délie les enchaînés ».
La veuve de l’évangile ne fait pas la rencontre explicite de Jésus, elle bénéficie plutôt d’une marque d’attention particulière : « Assis en face de la salle du trésor, Jésus regardait comment la foule y mettait de l’argent. » La lecture de Jésus permet de distinguer ceux et celles qui délient la bourse sensationnelle venant de « leur superflu » et cette veuve qui ose un don « pris sur son indigence ». Il ne s’agit pas ici pour Jésus de donner un cours d’économie ou de stratégie de mobilisation de ressources financières. Jésus met le doigt sur la question de la foi, de l’espérance et de la charité de chacun d’entre nous, même à travers nos offrandes en église. Ainsi conclut-il : « Cette pauvre veuve a mis dans le trésor plus que tous les autres. »
Oui, le trésor de la foi parle encore et toujours, dans la vie de cette veuve.
Hier comme aujourd’hui, que d’attentions ou de préséances accordons-nous à ceux et celles qui délient la bourse de leur fortune. Se peut-il que l’avenir de l’Église ne soit pas dans ces fausses assurances financières qui consistent à amasser, à s’enfler d’orgueil, ce qui pourrait nous éloigner de la foi ?
En tout cas, retenons bien la mise en garde de Jésus : « Méfiez-vous. »

Ab Patrice S.

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