Admissible ou inadmissible…

Corps du Christ, amen!Hier comme aujourd’hui, nous marchons avec le Seigneur. Notre « marcher ensemble », entre nous ou avec le Seigneur, n’est pas toujours au diapason de l’inspiration de l’Esprit Saint.
Moïse refuse de suivre son fidèle auxiliaire Josué qui l’invite à faire taire Eldad et Medad, deux anciens, absents à sa convocation : « Ils ne s’étaient pas rendus à la Tente. » En effet, Moïse était au bord du découragement dans la conduite du peuple de Dieu et le Seigneur lui permit de partager sa charge avec des anciens de son choix : « Il prit une part de l’esprit qui reposait sur celui-ci(Moïse), et le mit sur les 70 anciens. »
Ce qui est admissible ici pour Moïse va au-delà du choix des anciens : « Ah! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux. »
Cependant, l’humble Moïse renonce à l’inadmissible tentation de s’accaparer tout pouvoir, tout seul, avec à la clef, la quête de l’enivrante soumission sans contestation de tout autre. Moïse n’est-il pas à l’écoute du Seigneur? À l’école de Moïse, nous pouvons dire le chant du psalmiste du jour : « Préserve aussi ton serviteur de l’orgueil : qu’il n’ait sur moi aucune emprise. Alors je serai sans reproche, pur d’un grand péché. »
L’inadmissible sous la plume de Jacques, c’est la richesse menacée par la rouille : « votre or et votre argent sont rouillés. » De quoi s’agit-il? Une richesse qui s’adosse sur la frustration du salaire des ouvriers ou sur un train de vie de débauche. Autrement dit, une richesse sans foi ni loi, non seulement se rouille, pire encore, elle ruine l’âme et le corps de ses adeptes. Sans tomber dans la morale au sujet de la richesse, Jacques nous partage surtout, l’écoute que Dieu offre aux cris des petits et des pauvres. Ce qui est admissible ici, c’est de bien comprendre que la richesse fait de nous des gérants en première ligne de la justice pour tous.
Enfin, ce XXVI ème dimanche du temps ordinaire connaît une ligne audible de démarcation : « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. » Ainsi, on peut se faire dire à la messe que nous n’avons pas le monopole de la pensée et de l’action chrétiennes. Notre église missionnaire est d’ailleurs appelée à être en sortie, à avoir les portes ouvertes : « L’esprit souffle, on ne sait d’où il vient ni où il va… »
En vérité, ce qui est inadmissible, que nous soyons en dedans ou en dehors, c’est de nous laisser gagner par les séductions mondaines ou les inspirations du malin et d’être sérieusement écartelés au point de résister aux appels de l’Esprit Saint. L’inadmissible s’illustre en entrainant les autres à la perdition ou en s’enivrant soi-même dans les convoitises de la main, du pied ou de l’oeil.
Pour le royaume de Dieu, aucun sacrifice n’est de trop! Tel est l’évangile admissible du jour.
Paix et bien!

Ab Patrice S.

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